ISO 9001 v2015 : Une profonde mutation du métier de responsable qualité ?


Responsable Qualité et ISO 9001

Je trouve l’esprit de la version 2015 de la norme ISO très diffèrent des versions précédentes. Les concepteurs de cette nouvelle norme ont bien appréhendé l'évolution de notre monde avec une économie sans croissance et des évolutions perpétuelles qui rendent les nouveaux produits et services rapidement obsolètes.

Le rôle principal du responsable qualité est d’aider à l’amélioration des performances économiques et de la pérennité de l’entreprise pour assurer la vision du dirigeant et de son staff. Le qualiticien devient acteur du changement permanent de son entreprise en prenant en compte cet environnement économique pour correspondre à la vision du chef d’entreprise.

Il est donc plus proche du dirigeant car il interroge continuellement la vision qui devient capitale pour fixer le cap face au changement permanent. Il surveille le contexte global de son entreprise : dans ses aspects environnementaux, politiques, économiques, sociaux, technologiques, législatifs.

Le système de management mis en place par le responsable qualité traite maintenant des préoccupations économiques et des résultats financiers. Le qualiticien intègre les orientations politiques produits et services précises de l’entreprise, la mise en place et la mesure des facteurs clés de succès du dirigeant pour obtenir les résultats de la vision.

Ses activités quotidiennes évoluent : Adieu le manuel qualité, plus de procédures documentées qui fixent une connaissance, fini l’organigramme…

Les ressources humaines et la culture d’entreprise deviennent une de ses préoccupations : Compétences, absentéismes, climat social, mais aussi culture se traduisant par des comportements et attitudes qui fournissent de la valeur à l’organisation en s’adaptant aux besoins du client et aux évolutions techniques et économiques.

Son boulot est de décentraliser le pouvoir de décision pour passer son entreprise de l’approche analytique à l’approche systémique par processus. C’est aussi de veiller à ce qu’une organisation du travail en silos ne se mette pas en place. Son objectif est de générer de la réactivité, des innovations, de favoriser l’intégration de métiers complexes comme le font les startups.

L’utilisation de PDCA devient indispensable pour suivre et mesurer les adaptations aux changements continuels de l’organisation du travail et de la manière de fonctionner des équipes.

Je suis particulièrement intéressé à ouvrir cette discussion et recueillir vos vécus.


A propos de l'auteur :
Jean-Marc Briand
Président, BlueKanGo


Crédit Photo : Romolo Tavani (Fotolia)

1 commentaire:

  1. Je suis complètement en accord avec votre vision des choses. En reprise d'étude en Mastère Spécialisé Contrôle de Gestion, Audit et Système d'Information, j'ai découvert les fonctions de Contrôleur de gestion, de Contrôleur interne, d'Auditeur interne, de Risk Manager et les différents référentiels du Contrôle Interne comme le COSO 2013, le cadre de l'AMF; et de management des risques ISO 31000, COSO 2 ERM. La volonté de tous ces référentiels et de définir un management des risques financiers ET NON FINANCIERS ainsi qu'un contrôle interne efficient pour emmener l'entreprise vers l'atteinte de ces objectifs.
    Le Responsable Qualité a totalement sa place dans cet univers d'amélioration global de la performance de l'entreprise. Son gout du terrain, sa vision transversale par processus de l'entreprise, sa connaissance des méthodologies d'analyses des risques, sa maîtrise des outils de l'audit et de recherches des causes sont atouts indéniables du RQ.
    Toutefois, je pense que le RQ actuel n'est pas très à l'aise dans le domaine comptable et financier, lacune qu'il devra combler pour pouvoir communiquer avec les fonctions financières et la direction générale. Et c'est pour celà, que je suis en train de me former sur ce point.
    Autre point important, il devient impératif de définir le rôle et le périmètre d'action des différentes fonctions citées ci-dessus afin que la communication et le travail en équipe soit le plus efficient possible.

    Bien à vous
    Christophe CRETON

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