Document Unique : Pourquoi tant de retard ?



Aux risques déjà ciblés et qui normalement doivent alimenter le Document Unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) : chutes de hauteur ou de plain-pied, risques routiers et risques chimiques, il convient d’y inscrire :

  • La prise en compte des risques organisationnels, qui mobilisent les problématiques de la conception du travail et du management (usure professionnelle, risques psychosociaux) ;  
  • L’anticipation de risques émergents (perturbateurs endocriniens, nanomatériaux, impact des technologies numériques, vieillissement de la population). 
La dernière étude de la DARES (Direction de l’Animation de la Recherche, des Etudes et des Statistiques) montre combien la prise en compte de ces risques mobilise les employeurs :

« Près de 60 % des employeurs publics et privés ont pris des mesures de prévention des risques professionnels en 2013. Ces mesures n’ont pas toujours fait suite à une démarche formalisée d’évaluation des risques pour la santé et la sécurité de leurs salariés puisque seuls 46 % des employeurs ont élaboré ou mis à jour un document unique d’évaluation des risques professionnels, pourtant obligatoire pour toutes les entreprises depuis 2001...  Globalement, les politiques de prévention des risques professionnels ont été moins actives dans la fonction publique …»
…  « 75 % des établissements de la Fonction Publique Hospitalière (FPH) l’ont réalisée, mais seulement 51 % des établissements de la Fonction Publique d’Etat (FPE) et 33 % des collectivités territoriales (FPT)… »

« …concernant les risques psychosociaux, 24 % des établissements ont pris des mesures de prévention à dimension collective, et 22 % des mesures d’ordre individuel. Dans les établissements du secteur marchand, le télétravail a été plus répandu quand l’employeur jugeait ses salariés exposés à des risques psychosociaux. »


Outre l’obligation règlementaire en vigueur depuis 2001, qui rappelons le, implique pénalement l’employeur en cas de faute inexcusable, les démarches de formalisation d’évaluation des risques pour la santé et la sécurité des salariés ne sont pas encore perçues par toutes les organisations comme des voies d’amélioration des pratiques professionnelles !

Pourquoi après 15 ans arrive-t-on à un tel constat ? La charge de la réactualisation annuelle ? La complexité d’identification des risques professionnels ? Un manque de méthodologie ? 



A propos de l'auteur :
Hughes SCIARD
Directeur Conseil QHSE, Spécialiste Santé et conférencier




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